Les Petits Paquets Noirs

Un serviteur de Dieu raconte comment sa mère, chrétienne, mais d’une nature trop sensible,
se faisait du souci pour tout et pour rien. Il essayait de la convaincre que se tourmenter était
aussi un péché. Mais, peine perdue, elle souffrait, même à l’avance, de maux qui n’arrivaient
jamais.
Un matin, au petit-déjeuner, elle parut le visage rayonnant. Son fils lui en ayant demandé la
raison, elle lui raconta le rêve qu’elle avait fait. Une grande foule, dont elle faisait partie,
marchait sur une longue et grande route. Chaque personne avait l’air las, soucieux et
presque toutes portaient un petit paquet enveloppé de noir paraissant fort lourd. La dame
remarqua aussi de nombreux individus, au visage repoussant, qui circulaient sans bruit
parmi les voyageurs, et dont la tâche consistait à déposer à terre ces paquets noirs, pour
qu’ils soient ensuite ramassés par ces derniers, déjà si las, pourtant. Elle-même, comme les
autres, était chargée d’un tel fardeau.
Tout à coup, levant les yeux, elle aperçut un homme au visage lumineux qui se penchait
tendrement, vers l’un ou l’autre des voyageurs, pour le consoler. Lorsqu’il s’approcha d’elle,
elle reconnut le Sauveur et le regarda avec angoisse.
– Je suis si lasse, Seigneur, dit-elle.
Il sourit tristement et dit : « Pourtant, ce n’est pas moi qui t’ai donné ce fardeau, mais bien
l’Ennemi, ton ennemi. Jette ce paquet loin de toi et refuse d’en toucher un autre, même du
bout des doigts. Ton chemin deviendra plus facile et tu marcheras comme si tu étais portée. »
Puis il lui toucha la main et une paix ineffable inonda le coeur de la chrétienne quand elle
lâcha le misérable paquet noir. Comme elle s’apprêtait à se jeter aux pieds du Sauveur
bien-aimé pour l’adorer, elle se réveilla, ayant enfin compris la leçon, elle appliqua à la lettre
l’injonction de Pierre : « Déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis. » 1 Pierre 5.7 . Nous
pouvons faire de même !