« L’homme le plus riche de la vallée »

Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? (Marc 8.36)
C’était l’heure du déjeuner pour Hans et son maître Carl. Hans inclina la tête, joignit les mains dans une prière de remerciements adressée à Dieu pour sa nourriture. Carl regarda l’homme en prière devant son repas : un maigre croûton de pain et un morceau de fromage.
En ricanant, Il lui dit : « Si c’est tout ce que tu as à manger, pourquoi prends-tu la peine de prier ? »
Hans répondit humblement : « Pour moi, c’est suffisant. Je suis reconnaissant à Dieu de ce que aujourd’hui encore il a pourvu à ma nourriture. »

Étonné par la réponse du vieil homme, Carl fit faire demi-tour à son cheval, se préparant à partir, mais le vieux Hans lui dit :
― Attendez une minute. J’ai besoin de vous dire quelque chose. J’ai fait un rêve hier soir, dans lequel j’ai vu une belle scène, une grande lumière et entendu une voix : « Ce soir, l’homme le plus riche de la vallée mourra. »
― Des sottises ! dit Carl

Mais, tandis qu’il s’en retournait chez lui, les mots du vieux Hans le tracassaient, car dans cette vallée, le propriétaire de grands biens matériels, c’était lui ! Et il ne voulait surtout pas mourir cette nuit !

Jusqu’ici, alors qu’il se sentait tout à fait bien, il commença alors à éprouver des douleurs dans la poitrine, au niveau du cœur. La peur le saisit : « Serait-ce vrai ? Est-ce que je vais mourir ce soir ? »
En arrivant chez lui, il appela le médecin, lui raconta le rêve du vieux Hans et la nature des douleurs qu’il avait ressenties. Le docteur lui dit :
― Il ne me semble pas qu’il y ait de quoi s’inquiéter, mais pour vous tranquilliser, je vais vous examiner. Carl, vous êtes aussi fort qu’un cheval. Il n’y a aucune raison pour que vous mourriez ce soir, conclut-il.
― Oh, j’ai été bête de prêter attention au rêve de ce vieil homme prédisant que l’homme le plus riche de la vallée allait mourir ce soir. Mais me voilà rassuré !
Apaisé, il se mit au lit.
Le matin suivant, on frappa à sa porte. C’était un messager : « Hans, votre vieux serviteur est mort hier soir ! »
Carl ne savait ni ne pouvait comprendre que « en Dieu, Hans avait été comblé de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance. » (1 Corinthiens 1.5)

Une réflexion pour aujourd’hui
La richesse du vieux Hans était en Dieu. C’était réellement l’homme le plus riche de la vallée. Et vous, en qui avez-vous placé votre appui ? Où se trouve donc votre trésor ?

Jean-Louis Gaillard