Le conte des trois arbres

Un conte populaire raconté par Angela Elwell Hunt

Il était une fois sur une montagne, trois petits arbres qui rêvaient de ce qu’ils voulaient devenir quand ils seraient grands.

Le premier petit arbre regarda les étoiles briller comme des diamants au-dessus de lui. « Je veux contenir un trésor, dit-il.  Je veux être couvert d’or et de pierres précieuses.  Je serai le plus beau coffre au trésor du monde ! »

Le deuxième petit arbre regarda le petit ruisseau coulant faiblement vers l’océan.  « Je veux être un voilier bien solide, dit-il.  Je veux voyager sur les grandes eaux et transporter des rois puissants.  Je serai le bateau le plus fort du monde ! »

Le troisième petit arbre regarda dans la vallée en bas où des hommes et des femmes s’affairaient dans une ville animée.  « Je ne veux pas quitter cette montagne du tout, dit-il.  Je veux devenir si grand que, quand les gens s’arrêteront pour me regarder, ils lèveront les yeux au ciel et penseront à Dieu.  Je serai l’arbre le plus grand du monde ! »

Les années passèrent.  Les pluies vinrent, le soleil brilla et les petits arbres grandissent.

Un jour, trois bûcherons montèrent dans la montagne.

Le premier bûcheron regarda le premier arbre et dit : « Cet arbre est magnifique.  Il est parfait pour moi. »  D’un coup de sa hache étincelante, le premier arbre tomba.  « Maintenant, on va me transformer en un magnifique coffre au trésor, pensa le premier arbre.  Je vais contenir un trésor merveilleux. »

Le deuxième bûcheron regarda le deuxième arbre et dit : « Cet arbre est fort.  Il est parfait pour moi » D’un coup de sa hache étincelante, le deuxième arbre tomba.  « Maintenant je vais voguer sur de grandes eaux, pensa le deuxième arbre.  Je serai un bateau bien fort transportant des rois ! »

Le troisième arbre eut un serrement de cœur quand le dernier bûcheron regarda dans sa direction.  Il était bien droit et bien grand et pointait bravement vers le ciel.  Mais le bûcheron ne leva même pas le regard.  « N’importe quelle sorte d’arbre fera l’affaire pour moi, marmonna-t-il.  D’un coup de sa hache étincelante, le troisième arbre tomba.

Le premier arbre était dans la joie quand le bûcheron le transporta chez un charpentier, mais le charpentier occupé ne pensait pas à des coffres au trésor.  Au lieu de cela, ses mains usées par le travail transformèrent l’arbre en mangeoire pour animaux.  L’arbre qui était magnifique ne fut pas recouvert d’or ni rempli avec un trésor.  On le recouvrit de sciure de bois et on le remplit de foin pour des animaux de ferme affamés.

Le deuxième arbre sourit quand le bûcheron le transporta dans un chantier naval, mais ce jour-là on n’y fabriquait aucun grand voilier.  Au lieu de cela, l’arbre autrefois fort fut transformé à coups de marteau et de scie en simple bateau de pêche.  Trop petit et trop faible pour naviguer sur un océan ou même sur une rivière, on le transporta vers un petit lac.  Chaque jour, il transportait des cargaisons de poissons morts et puants.

Le troisième arbre était confus quand le bûcheron le coupa en madriers et le laissa dans le chantier de scierie.  « Que s’est-il passé ? se demandait l’arbre autrefois grand.  Tout ce que je voulais faire, c’était rester dans la montagne et pointer vers Dieu. »

Après plusieurs jours et plusieurs nuits, les trois arbres avaient presque oublié leurs rêves.

Mais, une nuit, une étoile dorée brilla au-dessus du premier arbre, tandis qu’une jeune femme plaça son nouveau-né dans la mangeoire.  « Comme j’aimerais lui fabriquer un berceau », chuchota le mari.  La mère serra sa main et sourit, tandis que l’étoile brillait sur le bois lisse et fort.  « Cette mangeoire est magnifique », dit-elle.

Et soudain, le premier arbre sut qu’il renfermait le plus grand trésor du monde.

Un soir, un voyageur fatigué et ses amis montèrent à bord du vieux bateau de pêche.  Le voyageur tomba endormi, et le deuxième arbre vogua lentement sur le lac.  Puis, une tempête s’abattit soudain sur eux.  Le petit arbre trembla.  Il savait qu’il n’avait pas la force de porter tant de passagers en sécurité dans le vent et la pluie.  L’homme fatigué se réveilla.  Il se leva, étendit la main et dit : « Paix ».  La tempête s’arrêta aussi rapidement qu’elle avait commencé.

Et soudain, le deuxième arbre sut qu’il transportait le Roi du ciel et de la terre.

Un vendredi matin, le troisième arbre fut étonné quand on emporta ses madriers oubliés dans le chantier de la scierie.  Il tressaillit quand on le transporta dans une foule en colère et moqueuse.  Il trembla quand un soldat cloua les mains d’un homme à lui.  Il se sentait laid, dur et cruel.

Mais, le dimanche matin, quand le soleil se leva et que la terre trembla de joie sous lui, le troisième arbre sut que l’amour de Dieu avait tout changé.

Il avait rendu le premier arbre magnifique.

Il avait rendu le deuxième arbre fort.

Et chaque fois que les gens pensaient au troisième arbre, ils pensaient à Dieu.  C’était bien mieux que d’être l’arbre le plus grand du monde !