Jésus meurt

 

Jésus meurt (récit accompagné par Adagio d’Albinoni)

Jésus l’a senti venir depuis des semaines, depuis des mois !  Les regards hostiles des autorités romaines.  Les mots venimeux des chefs juifs.  Leurs tentatives de le coincer par des joutes verbales.  Leur haine et jalousie quand les gens voulaient être près de lui pour écouter.  Ils l’ont arrêté comme un criminel.  Ils lui ont fait mal et l’ont injurié.  Et aujourd’hui il a entendu sa sentence ; ils l’ont condamné à mort.

Plus jamais il ne pourra traverser le pays en compagnie de ses amis.  Plus jamais rencontrer de nouvelles personnes et apprendre à les connaître.  C’est douloureux.  Il est seul ; ses amis se sont tous enfuis.  Il n’a plus rien à faire maintenant.

La crois est lourde.  Ça pèse sur lui.  C’est la fin, Il ne pourra plus échapper à la mort.  Il regarde autour de lui, à la recherche d’un visage qu’il connaît.  Les gens sont hostiles.  Ses amis sont partis.  Il faut continuer.  Seul la mort l’attend.  Pas à pas il doit avancer avec cette lourde croix sus lui.

Ça ne va pas, vraiment pas.  Il voulait être courageux, faire face à la mort de façon digne.  Il a fait son possible tout au long de la brève vie.  Aidé les gens où il pouvait.  Donné le meilleur de lui-même.  Il n’a pas mérité cette mort.  La crois est tellement lourde.  Personne ne pourrait porter cela !  Il tombe.  Il est couché par terre.  Tout lui fait mal.  Plus de force.

Un spectateur es appelé pour porter la croix.

Du sang, de la sueur et des larmes.  Le visage de Jésus n’est plus très beau à voir.  La douleur en ruisselle.

Soudain, Jésus entend des voix familières.  Il connaît ces femmes !  Ce sont des amies.  Maintenant elles se trouvent le long de la route et elles pleurent.  Elles tendent les mains vers lui.  Mais elles ne peuvent pas l’aider.

Le cortège est arrivé.  Les soldats préparent la croix.  Ils enlèvent les habits de Jésus.  Il ne lui reste rien.  Tout lui est pris : sa vie, ses amis, son espoir, ses habits, son avenir, ses certitudes.

Les soldats accrochent Jésus à la croix.  Ils clouent d’épaisses pointes d’acier à travers ses mains et ses pieds.  Il ne peut plus aller nulle part.  Personne ne peut plus le sauver.  Sa marche sur terre est terminée.  La douleur est horrible.  La solitude immense.

Il se sent abandonné de tous.  De Dieu, de ses amis.  Jamais il n’a été aussi seul.  Tout en lui le quitte : son sang, sa force, son souffle.  Il lâche prise et abandonne.  S’abandonne à ce qui est plus grand que lui.  Il n’a plus rien à perdre.  Il meurt.

 

 

 

La résurrection : Il faut que je vous raconte, je suis passée de la plus grande tristesse à la plus grande joie !  Je suis Salomé.  Il y a 3 jours, le Seigneur Jésus a été crucifié.  Je l’ai vu, je l’ai suivi… Avec mes amies Marie de Magdala et l’autre Marie on se tenait au bord du chemin où passent les futurs crucifiés.  Je ne peux pas vous décrire notre douleur, notre immense tristesse.  Nous avons pleuré, poussé des cris !  On ne pouvait plus rien faire pour lui, alors que tant de fois on l’avait nourri, lui et ses amis.  On l’accompagnait où on pouvait pour être avec lui, pour l’entendre dire toutes ces choses merveilleuses sur le Royaume de Dieu !

Et on bien cru que tout était fini !  Il a été crucifié, il est mort sur cette affreuse croix.  Mais c’était sans compter sur la puissance infinie de Dieu.  On l’a mis dans la tombe à la hâte, une nouvelle tombe, offert pour l’occasion par Joseph d’Arimathée.  « Faites vite », nous a-t-il dit alors que nous voulions nous occuper de son corps.  « Le sabbat arrive, vous feriez cela plus tard ».  On était toutes tellement anéanties, abasourdies, déchirées par les événements horribles par lesquels notre Seigneur était passé !  Nous sommes parties.

Après le sabbat j’ai été acheter des aromates frais pour en embaumer le corps de Jésus. Très tôt ce matin, en compagnie de mes chères amies, nous nous sommes rendues au tombeau.  Marie de Magdala était taiseuse, contrairement à son habitude.  Marie la mère de Jacques pleurait sans cesse.  « Pourquoi l’ont-ils crucifié ?  Il n’avait rien fait », disait-elle sans arrêt.  Je ne répondais pas.  Ah, notre petit cortège était d’une tristesse…  Mais, arrivé près de la tombe, Marie de Magdala a dit soudain : « Comment allons-nous faire pour rouler la lourde pierre qui ferme l’entrée du tombeau ? »  Elle avait raison, on n’y avait pas pensé.  Ensuite, dès qu’on a vu l’entrée du tombeau de loin on a vu que la pierre était déjà roulée de côté.  Comment était-ce possible ?  Qui était venu s’occuper du corps de Jésus avant nous, ses fidèles amies ?

Nous avons couru jusqu’à la tombe, à bout de souffle, nous sommes entrées dans la tombe.  L’endroit où les hommes avaient déposé le corps était vide !  Seulement, la tombe n’était pas vide.  Un jeune homme qui portait une robe blanche était assis à droite.  Il nous a fait peur, qui était cet inconnu ?  Mais il nous a dit, oh, il nous a dit quelque chose d’incroyable !  Ecoutez !  « N’ayez pas peur.  Vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qu’on a cloué sur la croix.  Ne le cherchez plus, il est revenu de la mort à la vie.  Il n’est pas ici.  Il est vivant !  Allez vite le dire à Pierre et aux autres disciples ! »

Je crois que nous sommes restées sans voix, pour une fois.  C’était tellement incroyable au premier abord.  Nous sommes sorties toutes les trois du tombeau, remplies à la fois de crainte et de joie.  Et alors que nous courrions pour raconter cette grande nouvelle aux disciples, tout à coup Jésus est venu à notre rencontre.  Jésus, lui-même !  Si on n’était pas trois, j’aurai pensé que je rêvais.  « Salut mes chères amies », nous a-t-il dit en souriant.  Vous comprenez bien, on s’est précipité vers lui.  On s’est jeté à ses pieds, ses pieds troués, et on l’a adoré !  « Seigneur, te voilà ! »  Et Jésus nous a dit d’aller raconter à tous ceux qui veulent bien l’entendre qu’il est vivant.

Je me tiens ici et c’est ce que je veux vous partager ; oui, Jésus est venu à ma rencontre.  Oui, je crois qu’il est vivant et oui, je pense qu’il est important que vous aussi vous puissiez entendre parler de lui et le rencontrer.